vendredi 30 mai 2014

I Like To...

                              ... MOVIES, MOVIES !

 
Puissant, racé et sans singerie… le nouveau Mad est excellent. Au programme : Le courrier, pas mal de News (dont une belle page sur RAVAGER, serait-ce un nouveau PHANTASM ?), avec entre autre un explicatif sur le flippant « The Last Word » & l’aquatique « The Drownsman », les notules Asiatiques ( le prochain Takashi Miike devrait comme d’hab nous claquer la tronche, à suivre donc…), les Festoches, Dans les Griffes du Cinéphage avec un vu, revu (et corrigé) du second Amazing Spider-Man qui de l’avis du chroniqueur (que je partage) n’est pas le film de l’année. Vont suivre : Au Nom du Fils & The Baby, puis le Mad Séquence « La Vie Privée de Sherlock Holmes », le Mad Cut « L’Etau », Y’a un truc « 300, la Naissance d’un Empire ». Un super Dossier « Quand Cannes fait Genres », du X-Men, des Singes vénères, un film (hyper surestimé) avec un Chien Blanc, une interview de Robin Hardy, un retour sur les légendes du Fantastique « Peter Cushing » (What Else ?), Monster Zone (Terrorvizion non ? Si… si), un max de Chroniques, le Génialissime Quartier Lemaire, sans oublier la Pin-Up et les fameux Clowns aujourd’hui trèèès à la mode… ça c’est vraiment toi disait J-L Aubert et puisque le mot est lâché,  le DVD de Dark Clown est en prime. Alors heureux ?
Les + de Jean-Michmuch le Dossier sur Cannes & Fini de Rire !
                                                        http://www.mad-movies.com/

jeudi 29 mai 2014

WALLS OF JERICHO :

Voilà le type même de Skeud qui va faire jaser dans les chaumières, pourquoi ? Tout simplement parce que le Gang de Detroit n’a pas hésité à rajouter une louche de Thrash dans leurs compos !!!! Je vois d’ici le tableau : Aïe, blasphème et « c’était mieux avant » vont décorer pas mal de chros, mouais… Pas d’accord. 
 


 L’album débute par une intro flippante, le genre de truc style BO d’Apocalypse Now qui fait froid dans le dos, mais pas trop quand même vu qu’un Riff à décorner un cocu viking surgit dans la minute ! Le ton est donné « The New Ministry » t’arrache la tête. La chanteuse est possédée (la double aussi), puis l’enchaînement Slayeresque avec « Il The Prey » m’a conforté en première idée. Cette fois, la messe est dite : The American Dream sera nettement plus Metal. A commencer par « Feeding Frenzy » aux Riffs monstrueux, au Tempo atomique, à la gratte sulfureuse et au chant époustouflant (bon sang, cette fille n’est pas humaine). Candace livre une prestation d’un niveau hors norme, elle porte une rage HardCore qui ne fera jamais basculer la balance. Au contraire, l’album est compacté, fortifié, voir blindé par des touches très personnelles (palpables au casque) et certes, typiques au combo.



L’effet Thrash s’estompe peu à peu, pour délivrer un aspect HardCore hyper rentre dedans et personne ne peut dire qu’en live, les nouveaux titres ne vont pas exploser !

 
Merci à Olivier
 
 
 
Comme chacun sait, la vérité passe par la scène et qui, n’a pas envie de vibrer sur la continuité de « Famous lasts words » & d’ « A Long Walk Home » ? Hé hé, ça risque de masser sévère et ce n’est pas « Ill Choke Of The Century » qui pousse à la relaxation de groupe. D’ailleurs, la suite jusqu’à la surprise finale nous percute la face, bref... Enorme !  Bilan des courses : Mosh parts, accélérations fulgurantes & Riffs qui buttent. Album carrossé pour la guerre et férocement sincère. 
 


 Sincère comme leur 10 ans de carrière et ouais déjà, Happy Birthday !

mercredi 28 mai 2014

WALLS OF JERICHO :

             With Devils Amongst Us All



Attention grandiose... C’est beau, c’est bon, c’est intense et brut de décoffrage. Rappelez-vous : tout le monde avait encensé Hall Hail The Dead qui, n’ayons pas peur du terme est un chef d’œuvre. Mais bordel, ils ont bouffer un tigre enragé ou quoi ? Car là encore le Skud s'avère monstrueux. 11 titres = 11 pruneaux, c'est bien simple,  la puissance du son conjugue : Thrash, Hardcore, Punk et Metal (surtout par sa prod d’extra-terrestre) et l'ensemble livré plutôt cash démonte d’une force incroyable. I Know Hollywood And You Ain't It fracasse tellement fort, qu’une de mes oreilles est tombée… certes avec WOJ, je m’attendais à du lourd, mais pas à ce point : Riffs de l’enfer, Mosh et re Mosh, batterie thermique et quelle voix !


Candace chante, revendique et nous tatane les turbines, jusqu’à épuisement des stocks. Try Fail Repeat fait carrément peur, Another Day nous rectifie le groin à la barre à mine et la ballade (si si) "No Saving Me" achève le dernier récalcitrant… Alors bonne chance, car les inconscients qui oseront écouter un tel monument vont trouver pas mal de Skeud fadas derrière. Ah j’allais oublier : Il y a même un coup de double apocalyptique sur the Haunted avec des cœurs et tout le toutim. Je ne sais plus trop quoi rajouter, si ce n’est qu’un album aussi fort, intègre et profond devrait être remboursé par la sécu. La classe à l’état Brute !

jeudi 15 mai 2014

THRASH METAL !

                     - Heavy, Speed & Hardcore - 
 
Le Thrash… musique entière, pleine & brutale. Comment une telle force destructrice pouvait encore émergée après le Hard, le Heavy et le Punk ? Pour les adeptes de ma génération (c’est-à-dire, ceux qui ont pris le mouvement comme une mandale dans la tronche), il est toujours difficile d’expliquer clairement, comment le monstre est né. Pourtant, au début des années 80, nous avions déjà de solides groupes à nous mettre sous la dent et entre les Sex Pistols, The Clash, Iron Maiden, Judas Priest ou Saxon, l’ensemble des différents styles tapait sauvagement dans la bute, mais pas à ce point ! 


Comprenez bien, que ma génération avait grandi avec Led Zep, Deep Purple, Black Sabb, Alice Cooper, Kiss, Status Quo, Foreigner, Scorpion, Van Halen Aerosmith & AC/DC. Chaque disque (des vinyles à l’époque) était écouté des centaines de fois, puis analysé, choyé, rangé (précieusement dans des pochettes plastiques) et recopié sur des cassettes que l’on s’échangeait. Ainsi dès qu’un nouveau groupe apparaissait (qu’il soit bon ou mauvais) … on l’écoutait. 

Merci à : https://wall.alphacoders.com/big.php?i=292331&lang=French

Certes, il y’en avait bien moins qu’aujourd’hui et pour un fan de zique à tendance brutale, il était plus facile de s’y retrouver et quand je dis « s’y retrouver » ce n’est pas innocemment, car vous l’aurez compris, il y’avait des castes. Les uns étaient plus Hard Rock traditionnel, les autres Heavy ou encore plus « Punk » dans l’esprit et chaque style avait ses préférences. Cela dit, on s’entendait… mais comprenez bien que les chevronnés aux coupes hérissées n’étaient pas trop enclin à écouter du Kiss ou du Scorpion. A donf sur The Clash, ils optèrent vite pour GBH, The Exploited ou Dead Kennedys. De cette pluralité de mouvements, petit à petit, quelques fractures vont apparaître. Cependant un groupe (et un seul) a toujours fait l’unanimité : Motörhead ! Tu pouvais croiser n’importe quel fan (nana comme mec), jamais au grand jamais, il ou elle aurait eu une parole déplacée en ce qui concerne Motörhead. Autant dire que le groupe de Lemmy sera un véritable moteur pour de nombreux mouvements, c’est drôle d’ailleurs, car lui a toujours affirmé qu’il faisait "simplement" du Rock N Roll. 

Si Motörhead a vraiment chamboulé l’univers musical de cette époque, il faut rendre hommage également aux Ramones qui d’un Punk-Rock burné allaient apporter un souffle revigorant sur une scène ; pourtant en ébullition. Autant dire que les années 80 furent une source inépuisable dans bien des styles et bien des genres. Nous étions donc à l’affut d’une nouveauté, d’un album brutal ou lourdement mélodique. Sauf que dans mon bled, on ne trouvait pas forcément "l’import" du moment et pour ça, il fallait chercher… de plus et vu que l’on avait jamais de thune, on restait « en grande partie » sur du traditionnel. Fort heureusement, via des potes élitistes, quelques nouveaux disques débouchaient nos esgourdes : Rose Tattoo, Accept, Angel City, Twisted Sister & un groupe inconnu du nom de Metallica. Le quatuor nous a parlé illico, les mecs n’étaient pas des poseurs, ils ne frimaient pas, ils étaient simples et avaient l’air teigneux… j’achète ! 

THRASH METAL : Part 2...

Le pire, c’est que nous ne savions pas qu’il existait un mouvement Metal beaucoup plus brutal en Californie. Certains (dont moi) n'avaient même pas entendu parler du mouvement Hair, Glam ou je ne sais quoi, c’est dire ! On restait cantonné sur les classiques, quand soudain tout s’est mis à fusionner. Les groupes arrivaient "toujours au compte-gouttes" mais ils arrivaient… autant dire que l’on passait de Mötley Crüe à WASP, de Venom à Def Leppard, de Whitesnake à Anthrax avec une soif peu commune de découverte et cerise dans le cake, nous avions "enfin"l'opportunité de connaître : Slayer, Exodus, Megadeth, Testament, Sodom & Kreator.


Les albums venaient de pays divers et pourtant, leurs racines étaient identiques. Alors, la construction du Heavy Metal on voyait à-peu-près : Born To Be Wild, Jimmy Hendrix et le Helter Skelter des Beatles, puis Black Sabbath, etc. mais le Thrash Metal ? Déjà le mot Thrash à ne pas confondre avec Trash, soit Thrash « battre ou frapper » et Trash « poubelle-déchet », à l’époque ce n’était pas clair tout ça. Du coup lorsque l’on a commencé à débattre des origines, nous avions tous une idée. Pour certains, y'a pas photo : l'inventeur c'est Metallica ! Pour d’autres, c’est encore plus précis, il s’agit de Dave Mustaine qui faisait à l’époque parti de Metallica et pour beaucoup, le Thrash serait issue d’un tryptique : 1) Los Angeles « Metallica & Slayer », 2) San Francisco « Exodus », 3) New-York « Anthrax & Overkill ». Enfin, le mot "Thrash" aurait été entendu (plusieurs fois) dans le mouvement Hardcore.


Ce qui explique pourquoi, le Thrash a pour particularité de mélanger d’excellents Riffs Punk, Heavy Metal et de tabasser mach 2 avec une double grosse caisse. La encore et grâce aux pôles d'influences, le style va s’ouvrir, car si d’un côté nous trouvons les cogneurs (la base), il est également nécessaire d'applaudir les virtuoses. Aujourd’hui, à l’image de Megadeth, le Thrash Metal rassemble les deux genres ! Autant dire que la progression s’est faite par à-coups, chacun voulant sortir un bon disque, puissant, coriace, brutal, mais stylé. Pour ne pas dire "authentique", certes, il va sans dire que les mecs n’étaient pas là pour enchainer les singles ou faire des clips et ça… c’était vachement bien, c’était l’esprit.


Dans la continuité, les concerts étaient apocalyptiques. A l’instar des Punks, ça pogotait dans tous les sens et les mecs se balançaient même de la scène sur le public, c’était dingue !!!  De plus, si la salle était possédée, c'était pour une bonne raison : La zique était mortelle. A l'époque, on n'avait rarement vu ça, les concerts de Thrash forçaient le respect ; les fans reprenaient les titres, mimaient la gratte, headbanger et parfois, ça maillochait dur... c’était de la folie pure. Il n’y’avait plus aucun doute, le Thrash était un mouvement à part, seul un Fan "habité" pouvait relever le défi d'un Live et l'exemple du Fan de base, que dis-je... du Fan pur & dur était Américain. Vestimentairement déjà, puis originellement et cela malgré des recherches minutieuses sur les fondations du Thrash Metal, car un doute s’immisçait et j’en veux pour preuve que même pour moi et malgré de franches explications, ce n'était pas clair. En fait, lorsque j’ai entendu les premiers morceaux avec l'appellation "Thrash", j’ai immédiatement pensé à Motörhead et plus précisément au titre Overkill de 79. Pour d’autres, le socle imputrescible reste et restera Venom. Le Thrash Metal serait donc issu de tout ça, ouais... bien cool comme concept.

Ensuite, il y’avait les textes : des paroles terrifiantes, sur la guerre, des morts violentes, des incidents nucléaires, des faits de société, l'ensemble sonnait super flippant. Du coup, comment passer de tels morceaux à la radio ? Impossible !!! On n’entendait déjà pas ou peu de Hard Rock, alors du Thrash Metal ??? Du coup, on a pris la Gibson par les cornes et le bon vieux Do It Yourself nous a encore sauvé. Si les radios ne veulent pas de Metal, c’est les Metalleux qui iront à la radio et c’est ce que l’on a fait. Au début, on avait une heure d’antenne, puis 1 heure et demi, puis 2 heures. On mixait beaucoup et on passait des classiques avec des nouveautés, que l’on encastrait entre du Punk & de l’Alternatif. Dans nos émissions, tu pouvais écouter AC/DC, Metallica, Motörhead ; Iron Maiden, Kiss, Mötley Crüe enchainés des Stranglers, des Cramps, des Misfits, voire des Bérus. C’était le pied et dès que nous avions une nouveauté « elle passait directos ». De nombreux passionnés bossaient comme ça et on restait tous à l’écoute. Puis par émission interposée, on finissait forcément par se connaître. Les années 80 étaient vraiment bien pour ça…  sans oublier que quelques temps plus tard, le CD est arrivé.  
Dernière chose, à l’époque on achetait nos disques :
                                                                 puriste un jour, puriste toujours.

Quelques extraits d’émissions :


Comment tout a commencé ?
JMi) Par le Rock. Gamin, j’étais un grand Fan d’Elvis et du Rock’n’roll de l’époque : Gene Vincent, Eddie Cochran, Little Richard, Jerry Lee Lewis, Chuck Berry, Bill Haley, etc. puis, par hasard, j’ai découvert Deep Purple, Led Zeppelin & Alice Cooper.

Tu n’as donc pas commencé « traditionnellement » avec les Beatles et les Rolling Stones ?
Non, je n’ai jamais été Fan, même si je reconnais le talent de ces deux groupes. J’ai appris au fur et à mesure, de même pour les Doors, les Who, Jimi Hendrix ou les Kinks. 


C’est drôle, parce que les gars de ton âge évoquent directement ces références ?

Tu veux dire les gars d’un âge avancé (rires) ? Oui sans doute, mais ce n’est pas mon cas. Les Beatles & les Stones, j’avais écouté comme tout le monde, mais de là à dire que je connaissais… il y’a un grand pas ! En fait, il m’a fallu un peu de temps pour bien comprendre et apprivoiser l’historique. En fait, tel groupe « par ricochet » m’a amené à écouter un autre groupe.

Par exemple ?
J’aimais bien Van Halen et surtout l’album de 78. En intro, il y’avait un solo mortel, puis You Really Got Me et je ne savais pas que c’était des Kinks. La curiosité m’a emmené à écouter l’original ou, lorsqu’on écoutait un bon Riff, il y’avait toujours un pote pour affirmer « ça me fait penser à tel morceau, sur tel album » et on essayait de se le procurer, etc. c’est comme ça que l’on s’est forgé une bonne culture.

Et donc en matière de Heavy Metal ou de Hard Rock, qu’est-ce qu’on trouvait dans ta discothèque à l’époque ?
Des classiques : Machine Head ou Made in Japan de Deep Purple, Alive 1 & 2 de Kiss, Let There Be Rock d’AC/DC, Van Halen, Scorpions Lovedrive, Never mind the Bollocks des Sex Pistols, Iron Maiden Killer’s, et puis… ce fut la pente fatale ! Une sorte de boulimie s’est emparée de moi, je me suis mis à collectionner les bons disques. C’est bien simple, dès que j’avais 3 ronds, c’était pour un vinyle, une cassette ou un ciné.



Il fallait être riche à cet époque ?

Non, parce qu’on achetait beaucoup d’occas et par temps de vache maigre, on achetait un lot de cassettes vierges et on enregistrait les disques des potes. On s’organisait… par exemple : toi, tu achètes « Highway to Hell » et moi j’achète « Répression ». En général, on se les prêtait sans problème. A l’époque, on ne bossait pas encore, donc c’était de l’argent de poche. Honnêtement gagné je le précise, soit ; parce qu’on avait aidé un voisin à nettoyer sa cave ou à déménager son garage. Parfois, on recevait un billet de la famille et hop, chez le disquaire ! Pas le temps de faire fructifier l’oseilles (éclat de rires) et c’était bien comme système, car tu te faisais une petite collec et fatalement tu rencontrais toujours un pote qui avait découvert un nouveau groupe, donc les cassettes tournaient sans relâche, ah ouais, c’était Top ! Je regrette cette époque si passionnante en partage et en émotion, parce qu’on était habité quand même. La zique que l’on écoutait… nous transcendait. Tu n’avais pas une journée, sans un « t’as écouté le solo sur tel morceau », « et l’intro, sur tel autre ». On n’était pauvre en qualité sonore avec nos cassettes, mais qu’est-ce qu’on était riche en émotions.

D’ailleurs, c’était la grande époque des disquaires ?

Ah les disquaires, c’est comme les Vidéo-Clubs… c’était super. Lorsque j’étais jeune, j’ai eu la chance de bosser dans un vidéo-club et pour un gars « comme moi » qui ne roulait pas sur l’or, ça m’a permis de mater plein de films et de rencontrer un max de passionnés de cinoche. C’était très enrichissant et donc, oui, je reviens à ta question : la grande époque des disquaires ? J’en ai connu des vraiment Top où tu pouvais écouter de la zique sans acheter, car le patron où les employés savaient qu’on était fauché, mais je pense que la volonté que l’on avait à s’intéresser à la zique nous rendait sympathique. Parfois, on avait un billet et « là » on était les rois, yes… que choisir ? On fouillait dans les bacs, on écoutait des tas de trucs et c’est comme ça que j’ai connu les maxi 45 Tours. Le truc magique, car ça avait la taille d’un 33 t, mais ça coûtait moins cher. Du coup, tu avais l’impression d’avoir du contenu dans ta discothèque et peut-être même un truc rare ??? J’avais le maxi Touch too much d’AC/DC avec Live Wire et Shot down in Flames en live sur la face B, une tuerie à l’époque. J’avais connu les Maxi grâce à Elvis Presley, car dans le magasin, ils en avaient un « Promised Land » si ma mémoire est bonne et puis, ils avaient aussi des disques de couleur et là, j’étais hypnotisé (éclat de rires…).

Des Pictures ?

Pas encore, c’était des disques vinyles de couleur or, c’était énorme… ça me faisait penser au fameux disque d’Or ! On les voulait tous (il y’en avait moins d’une dizaine), mais ils étaient plus chers. Après, mais bien plus tard, certains sont apparus avec d’autres couleurs (j’en avais un de Metallica), puis enfin les fameux pictures. A force de s’intéresser à tout ça, on commençait à bien maitriser notre sujet avec les imports, les doubles albums, etc. Parfois, on commandait même !!! C’était un vrai cérémonial « imagine, on se rendait chez le disquaire pour commander un album », et mec t’as gagné au loto ou quoi ? Sinon, la plupart du temps on se baladait, on faisait aussi quelques conventions et puis, on apprenait qu’à tel endroit « il y’avait une liquidation ». En furetant de droite et gauche, on trouvait des bons disquaires. Je me souviens de celui de la gare de l’Est, il était bien avec des prix raisonnables, je ne sais pas s’il existe encore. En tout cas, on lui a laissé du pognon à l’époque. 

 
Tout à l’heure, tu parlais de Vidéo, mais le cinoche, tu es un sérieux amateur ?
J’aime énormément le cinéma, trop, beaucoup trop… et cela même si j’ai une préférence pour le Bis. J’ai eu la chance de visionner beaucoup de films en salle, car sur Paris, tu avais des cinés spécialisés dans divers styles. C’était super, tu pouvais regarder 2 films pour pas cher et puis, pour les cinéphiles endurcies : tu avais des cinoches incroyables. Des vieux cinés, des cinés populaires ou des monuments comme le Grand Rex par exemple avec une salle époustouflante, j’ai vu plein de films dans cette salle, mais mon préféré était le Hollywood Blvd avec des Bruce Lee, des Zombies & des Sabreurs Manchots. C’est drôle, car souvent tu croisais des mecs avec le même centre d’intérêt : la bonne zique & les films qui vont avec, mais ne nous dispersons pas, parlons Thrash, parlons Cash (rires…).
OK, alors le Thrash Metal, comment et pourquoi ?
J’ai découvert le Thrash après la vague Punk. A cette époque, il y’a eu une scission dans ce mouvement. D’un côté, tu avais les purs & durs, à l’instar de Dead Kennedy’s, GBH ou The Exploited… ils le sont restés. De l’autre, ceux qui ont lancé la New Wave, le Gothic, l’Electro Indus, etc. Les influences étaient palpables et par répercussion dans le milieu Metal, certains ont commencé à accélérer la cadence et à brutaliser tout ça. Le plus intéressant, c’est qu’ils ont gardé le côté Heavy tout en balançant des Riffs bien rugueux. D’ailleurs, tu retrouvais cet esprit dans le HardCore, c’était étrange, car tu aurais pu imaginer une sorte de chaos bruitiste et bien non… l’ensemble sonnait vraiment bien et je pense que le Thrash est né de toutes ces influences. Cela dit, à l’époque on était très demandeur de musique rapide et un beau jour, nous avons entendu le Kill Em All de Metallica, nous avons été décontenancés. Une belle claque ! 

Deuxième acte :

Tu places Metallica en précurseur ?


Oui et surtout avec Kill Em All, car c’est un album vraiment à part. Il a ouvert une brèche et cela même s’il existait déjà des tapageurs avec Motörhead, Venom ou le Killer’s d’Iron Maiden qui demeure un excellent disque et quel visuel hein ? Puis est arrivé Slayer, Anthrax, Exodus, Megadeth, Overkill et Testament. Le Thrash devenait de plus en plus apprécié par les Fans de Hard ou de Heavy et les bons disques se sont enchainés. J’ai appris plus tard, qu’une collection de compilations au doux nom de Metal Massacre avait été le déclencheur. Tu retrouvais en plus, Dark Angel, Trouble, Possessed, Hellhammer, etc. mais à l’époque, soit tu n’étais pas au courant. Soit, il était très difficile d’avoir une copie.

Collector donc ?
Absolument, je pense que les cassettes d’époques doivent être jalousement conservées par les Fans de la première heure et puis, Metallica en a remis une couche avec Ride The Lightning. C’était énorme !

Pour beaucoup, le meilleur album de Metallica avec Master of Puppets qui a longtemps été mis en balance avec le Reign in Blood de Slayer comme le meilleur album « Thrash » de tous les temps ? 

Alors certes, Ride The Lightning & Master sont deux « incontournables » pour qui aime le Metal, mais évitons les comparaisons. A part le fait que Slayer & Metallica restent classés comme groupe de Thrash Metal, il n’y a pas de rapport direct entre Master of Puppets & Reign in Blood. Master s’avère puissant et mélodique, alors que Reign se veut concis et hyper brutal. Si je suis ton raisonnement, que dire de Bonded by Blood d’Exodus, Peace Sells... But Who's Buying ? de Megadeth ou Among the Living d’Anthrax, etc. C’est un peu comme si tu me demandais : au fait, c’est laquelle des 4 roues de ta bagnole que tu préfères ? Il faut éviter les comparaisons d’album à album, ceci est valable de groupe à groupe, mais également au niveau du même groupe. Si tu prends Metallica, il y a des Fans qui te diront le meilleur c’est Master et d’autres, c’est ride ou Kill. OK et par rapport à quoi ? Techniquement ? Vocalement ? La prod ? Bref, tu as des Fans qui vont apprécier l'aspect rugueux de Kill, la maitrise d'un Megadeth ou la folie de Slayer ! Tu vois, c’est un peu comme les récompenses : le trophée de l’album Metal de l’année est attribué à… il est attribué à ceux et celles qui aiment le disque point barre et ne venez pas nous prendre la tête avec vos récompenses à la con. De grâce, gardez ça pour ceux que ça intéresse, dans le Metal on s’en cogne de qui ou quoi. Le disque est bon ou il ne l’est pas !

Tu ne lis pas ce type de critiques et tu ne t’intéresses pas aux classements ?
Les classements de qui et pour quoi faire ? Tu penses que ça va changer ma vie de savoir que pour des critiques « Master of Puppets & Reign In Blood » sont les meilleurs albums de Thrash ? Franchement, quel est l’intérêt de faire ce type de commentaires ? Reign & Master… je les écoute régulièrement, mais rarement le même jour ou à la suite. Les 2 sont énormes et ça me suffit. C’est dingue de toujours vouloir un échelonnage ou une compétition et d’ailleurs, je ne me suis même jamais posé la question. Lorsque j’écoute un disque, je me mets dedans à fond et je l’apprécie ou non, mais dans la mesure du possible, j'évite les comparaisons. 
Tu as bien des préférences quand même ?
Lorsque l’on est passionné de bonne zique depuis tant d’années, je ne sais pas si le mot « préférence » est approprié, car à la limite… tu peux te servir de référence, mais c’est tout. Par exemple, un pote te demande ton avis sur un style qu’il ne connaît pas et tu l’orientes sur un bon disque, en général « un classique ». Après en termes de groupe, il est évident que j’en préfère certains à d’autres, mais il s’agit de mes propres préférences, qui ne seront pas forcément les tiennes. Partant de là, je n’ai pas à proclamer que Ride the Lightning est mieux qu’un autre. Je dirais que personnellement mon album préféré est Ride, mais ça n’engage que moi. Je fais attention à ce genre de détail, parce que lorsque tu rédiges une chronique, tu as souvent des références en tête. Tu peux t’en servir, car ta culture est là et bien souvent elle te guide, c’est une bonne chose tant qu’elle ne te domine pas. 
Tu penses que le fait de trop aimer un groupe ou un disque peut interférer sur un jugement ?
Tu sais… les Metalleux que je connais, sont des passionnés très entiers et lorsqu’ils aiment, ils perdent toujours un soupçon d’objectivité (rires) ! Exemple : Il y’a deux groupes dont je suis déraisonnablement Fan : Slayer & Napalm Death. J’avoue n’avoir jamais été déçu par un disque, suis-je objectif ? Non évidement, n’empêche que j’écoute leurs disques sans me poser de question et si tu me demandes lequel je préfère, je te dirais que ça dépend du moment et de mon humeur. Ensuite, dans tes préférences, il y’a le style. Tu as des amateurs de Metal dans la globalité du terme et tu as des Fans d’un, deux ou trois styles. Là c’est plus compliqué, car si tu me dis Black ? Je te réponds illico Emperor & Marduk. Tu me dis Death et je suis dans la merde, j’aime tellement le Death Metal qu’il m’est impossible de sélectionner un groupe plus qu’un autre. Pourtant, en ce moment c’est « I » le groupe de Abbath qui tourne en boucle, comme quoi on peut varier les plaisirs. Tout ça pour t’expliquer que j’aime tellement de groupes et tellement de styles, qu’il m’est impossible de dire avec exactitude, si je préfère Iron Maiden ou Kreator. Alors d’un album à un autre et en plus : quand ils sont excellents... 
Et en France ? 
Pareil, tu as tellement d’excellents groupes en France, qu’il faut les encourager et non les comparer. Je me souviens d’un pote qui ; il y’a quelques années maintenant m’avait dit « tu vas voir, il y’a un groupe dont on va entendre parler, ils sont excellents, etc. », il s’agissait de Gojira et effectivement, force est de reconnaître qu’ils ont réalisé de sacrés disques. C’est ce type de bouche à oreille qui est super, car nous avions fait le déplacement pour les voir en concert et ils avaient tout péter, un super concert. Après, tu vas me dire « tu ne prends pas de risque avec Gojira », certes mais à l’époque ils n’étaient pas connus comme aujourd’hui. Bref, il y’a plein de bons groupes en France et dans différents styles ce qui ne gâte rien. Ce qui inclus bien évidement le Thrash Metal.
Pourtant le Thrash Metal est typiquement Américain ? 
Si l’on suit l’historique, il paraît que « oui » (rires), mais des groupes Speed (comme on disait à l’époque) il y’en avait d’excellents en Europe. Alors nous dirons que les Américains ont boosté le mouvement et que les Européens leur ont sérieusement emboité le pas. Ce qui est intéressant, c’est ce qui a découlé de tout ça, car tu avais des groupes qui lorgnaient vers le Death ou le Thrash technique. Ce fut un tournant « internationalement » appréciable pour le Metal, car tu avais des groupes Allemands comme Sodom qui proposaient un Thrash radical avec « Agent Orange » ou Kreator avec « Pleasure To Kill ». Le Brésil avec Sepultura, l’Angleterre avec Onslaught. Tu mélanges tout ça avec Annihilator, Destruction, Tankard, Vio-Lence, puis par extention Machine Head, etc. On note, que sur divers continents le mouvement se multiplie et grâce à ces groupes : les styles se fortifient. 
Mais tu es d’accord avec moi : Metallica fut un moteur ?
Oui, un très gros moteur même. Kill, Ride & Master sont 3 monuments. Par contre, la suite est différente avec … And Justice For All & le Black.
Pourquoi cela ?
Premièrement, sur les 3 premiers : tu avais l’esprit Metallica. Le groupe était au complet avec leur fameux bassiste Cliff Burton. Il y’avait une dynamique incroyable, un truc magique ! Pour « … And Justice for All », tu n’as pas vraiment de basse sur le disque. D’ailleurs, les morceaux sont bien plus cool en Live, que sur disque, mais OK, l’album est excellent… d’ailleurs, ça vaudrait le coup de le réenregistrer avec la technologie du 21ème siècle.

Et le Black ?
J’ai souvent lu que par son côté commercial, il a divisé les Fans. Je ne pense pas, car il a apporté un souffle incroyable, c’est un super disque. Certes, il est moins « rentre-dedans », mais il est bon du premier au dernier morceau. Je ne fais pas parti des Metalleux qui disent, le disque a du succès donc, c’est pas bien ! L’album a cartonné, tant mieux pour Metallica.
Il a d’ailleurs popularisé le Metal ?
Oui dans un sens, mais c’est très exagéré, car si tu englobes « Metal & Hard-Rock », de nombreux groupes ont popularisé le style bien avant le Black Album. Led Zeppelin, Black Sabbath, Deep Purple, Kiss, Scorpions, Iron Maiden, Judas Priest ou AC/DC par exemple. Le Black Album est sorti en 1991 comme le Use Your Illusion des Guns, mais Appetite For Destruction était sortie avant, en 87 si ma mémoire est bonne ? Dr Feelgood de Mötley Crüe en 89 et ils avaient sacrément cartonné à l’époque. Voilà pourquoi, le mot « popularisé » me parait excessif, car je ne pense pas que les gens qui ont acheté le Black Album ont acheté d’autres disques estampillés Thrash. Le Black Album est accessible pour un non-initié, mais le Thrash, comme le Metal d’ailleurs, demande un esprit conjugué d’une culture et si tu n’as pas ça en toi, tu ne peux pas apprécier ou ressentir ce type de musique à sa juste valeur. Il en est de même pour d’autres styles, je vais te donner un exemple, j’aime beaucoup Dave Brubeck et plus précisément « Time Out », mais ça ne fait pas de moi un amateur de Jazz. Tout ça pour te dire que « popularisé » est à mon avis excessif, car si l’on part du principe que Metallica a proposé un album « Metal » plus ouvert à tout le monde, je dis oui. Par contre, Metallica n’a pas popularisé le Thrash Metal, Metallica a juste popularisé Metallica. 

Je n’avais pas vu ça sous cet angle, mais c’est pas faux (rires), par contre en termes de ventes ?

Je pense qu’il reste imbattable à ce niveau-là, mais sur mon analyse qui n’est que mon avis hein… entendons-nous bien, Metallica a lancé avec d’autres un mouvement. Sur ce sujet, il n’y a pas l’ombre d’un doute. Le Thrash Metal a ouvert des portes à de nombreux mouvements encore plus extrêmes. Il faut les saluer pour ça. Loin de moi l’idée de minimiser un groupe comme Metallica, qui reste l’un des plus grands groupes de tous les temps. 

Troisième Acte :

C’est bien de le préciser, mais j’avais parfaitement capté ta remarque qui est sans ambiguïté. Tu as suivi la carrière de Metallica ?

Oui, je suis Fan de Metallica et j’ai l’ensemble de leurs disques même Load & Re-Load qui avaient été fracassés par les amateurs de Metal à l’époque. 

C’est vrai qu’ils n’ont pas fait l’unanimité à l’époque. Comment tu expliques ça ?
Je pense que les Fans attendaient vraiment un retour aux sources et ce fut loin d’être le cas. Perso, je n’ai pas été si surpris que ça… pour la simple raison, que lorsque j’ai écouté Load, je ne me suis pas mis dans la peau d’un fan des années 80, mais j’ai plutôt pensé à une suite du Black. Pour moi, ça ne faisait aucun doute, Metallica avait pris un virage avec le Black Album et j’attendais qu’il boucle cette boucle. Partant de là, ma surprise fut moindre, mais tu as raison, je me souviens des discussions avec des Fans : les mecs étaient remontés comme des pendules… pas moi.
Pourquoi ?
Lorsqu’un groupe a énormément de succès, il arrive souvent qu’il change de cap. Alors pas brutalement, mais plus dans l’idée « d’expérimenter » des trucs. Ce n’est pas grave, car tôt ou tard, ils reviendront aux fondamentaux, comment dire… c’est dans leur ADN. Il s’agit juste, de prendre ce type de disques avec le recul nécessaire et de voir, ce que ça donne en Live. C’est toujours en concert qu’un groupe se révèle, là est la vérité. Si ça sonne faux, le groupe va s’en apercevoir, par contre, si les nouveaux titres complètent les anciens, ça peut être intéressant.  
N’empêche qu’ils ont apporté une fracture ?
Là encore, c’est exagéré. Il s’agit de musique hein… si l’album ne te plait pas, tu l’arrêtes. Prends St Anger, personnellement ; je le trouve bien cool, mais des Fans te diront, c’est quoi cette Prod ? Et la caisse claire et blablas. Les mecs tentent un truc, parfois tu aimes et parfois non. C’est quitte ou double, car s’ils sortent un album de Thrash classique, tu as des fans qui diront : mouais Metallica fait du Metallica ! Combien de fois, j’ai entendu ça à propos d’AC/DC, de Cannibal Corpse, de Nile, Etc. Si les gars tentent un truc comme Morbid Angel avec leur « Illud Divinum Insanus », certains Fans vont répliquer illico avec des : c’est quoi ce disque ? Ce n’est pas Morbid Angel !!! Il y’a donc un style à respecter (rires) et il faut le respecter bordel… mais tout en se renouvelant, sinon ça ne va pas. 

Ceci peut s’envisager pour certains styles, mais pour le Thrash Metal : c’est nettement plus compliqué ? 
Si tu parles de Thrash authentique, oui, mais tu as des groupes qui ont apporter un élément progressif, Indus, Death, voire Mélodique dans leurs compos. Tu as des groupes qui souhaitent peut-être incorporer de nouvelles choses ou simplement progresser ? Ce n’est pas interdit et je pense que cette évolution est valable pour le Thrash ou le reste. Je me rappelle de certains groupes de Heavy ou de Hard Rock qui avaient incorporé des éléments symphoniques et que dire de Kiss… qui avait carrément louché sur le Disco ? Lorsque Dynasty est sorti, ce fut Rock'n'roll heu... Over, tu peux me croire et aujourd’hui, qui en parle ? Souvent, les Fans râlent parce qu’ils achètent immédiatement le disque et ils sont déçus. Depuis, que je suis gamin, il y’a toujours eu moyen d’écouter avant d’acheter et bien écoute le, prends ton temps et dans le cas où tu souhaites l’approfondir, tu peux l’acheter. Tu sais… les Fans sont difficiles, certains sont même impitoyables et c’est bien, tant qu’ils sont justes. Je te parle comme ça, car j’en suis un : je suis le premier à taper à la porte du disquaire lorsqu’un de mes groupes préférés sort un nouveau disque. Je l’achète directos et je rentre l’écouter chez moi et obligatoirement, au casque. Pourquoi ? Je peux demander à l’écouter « au casque » dans le magasin, en plus je connais très bien les lieux. C’est cette passion qui fait que justement on reste à part, mais aujourd’hui cette passion coute cher. Alors, tu dois faire gaffe camarade. Déjà les disques qu’ils soient en CD ou en Vinyle coutent trop cher, c’est débile de dépasser 15 euros. 
15 euros, c’est même un prix modique ?
En vendant les disques trop chers : c’est comme ça que tu plombes le marché, surtout au niveau du Metal qui est un style qui n’en vend pas des palettes. Dans la mesure ou un CD avec un beau digipack reste abordable, c’est-à-dire entre 10 & 15 euros, les Fans l’achèteront sans tergiverser. Si tu le mets à plus de 20 euros même en collector, ça fait cher la pièce ! Il faut rester réaliste et ne pas fournir de la musique qu’aux nantis. On va te dire, oui mais c’est une nouveauté ! Ok, et alors dans 6 mois, ce ne sera plus une nouveauté et le prix sera-t-il changé ? Les vendeurs veulent toujours gratter quelques euros, bilan des courses, ils en perdent. Aujourd’hui, tu as de moins en moins de disquaire, c’est dommage non ? C’était pourtant bien, c’était un lieu de discussion, perso c’est comme ça que j’ai découvert des tas de groupes. Il faudrait revoir tout ça avant qu’ils ne disparaissent totalement
Sans oublier Internet ?

Dès que quelque chose part en couille, c’est de la faute d’Internet. J’ose espérer que c’est plus compliqué que ça. Ok, je n’ai pas les compétences requises pour analyser tout ça, mais avec des gens de bonne volonté et deux doigts de jugeotte, je pense qu’Internet, les libraires et les disquaires peuvent cohabiter. Il suffit de se parler et d’établir une charte qui arrange l’ensemble. D’un côté, tu as des groupes qui sont « contre » le libre accès à leur musique et de l’autre, ceux qui sont « pour ». Il faut déjà savoir, si le groupe fait de la musique par pur plaisir ou si c’est son métier. Dans le cas où le groupe gagne sa vie avec la musique, il faut respecter ça. Cet état d’esprit doit être réciproque, si les fans achètent des disques ou se rendent aux concerts, tu ne les matraques pas.
Pour qu’une culture vive, il faut la rendre accessible : Tu places un disque, un film ou un livre à 20 ou 25 euros en rayon. Tu mets des places de concert à 80 euros etc. qui peut se payer ça ? Je te donne un exemple, la dernière fois que j’ai vu AC/DC, ça m’a couté un bras. Il faut aller à Paris, prendre l’autoroute, le péage, l’essence, les bouchons sur le périphe, boire, manger, etc. tu peux te permettre de faire ça une fois de temps en temps et encore. Sans oublier que sur place, si tu veux payer ta tournée… tu vas morfler !

Fin de la Transmission.

C’est vrai qu’aujourd’hui… se rendre à un concert revient cher ?


Beaucoup de trucs que tu aimes sont souvent « limites ». Tu prends des groupes d’une grande notoriété comme AC/DC ou Metallica par exemple. Ils devraient être conscient qu’une grande partie de leurs Fans ne roule pas sur l’or et partant de là, proposer des tarifs raisonnables. Ils sont à l’abris et ils n’ont plus besoin de gonfler les prix pour vivre, raison de plus pour conserver un lien avec les Fans. Imagine ; un groupe qui place sur la jaquette de leur nouveau disque « on vend notre album 12 euros, parce qu’on vous aime » ou qui glisse un ticket de concert de temps en temps. C’est avec ce type de concept que les Fans savent qu’il y’a du respect et qu’ils ne sont pas des vaches à lait ! 

Certes, mais la réalisation d’un disque demande une certaine somme et parfois le groupe prend un risque en diversifiant son style ? 

Sans doute, mais avoir du respect pour ses Fans, c’est encore plus important. Il ne faut pas faire un disque approximatif, parce que ta maison de disque l’impose où je ne sais quoi… tu me dis : le groupe a pris un risque ? Prendre un risque pour sortir un truc bancal, ce n’est pas prendre un risque ; c’est un manque de respect pour les Fans. Alors entendons-nous bien, je ne veux pas me placer comme porte-parole, mais lorsque j’achète un disque ; c’est parce que j’ai la foi, pas pour tirer la chasse ! Autant, je vais respecter un groupe qui va publier une annonce du genre « nous avons terminé notre album et nous sommes partis dans une direction qui peut troubler les Fans de la première heure. Bien que différent de notre style habituel, nous aimons vraiment ce disque, mais par respect, nous avons décidé de le vendre à un prix très raisonnable. De ce fait, si vous l’aimez tant mieux et si vous ne l’aimez pas, vous l’aurez quand même dans votre collec et essayez de le réécouter plus tard ». Tu vas me dire que je vis dans un monde parfait (éclat de rire) ? N’empêche que « là » tu parles à tes Fans « d’homme à homme » et si l’album déçoit, le Fan de base n’en voudra pas au groupe, tout simplement grâce à cette interaction. Il y’a une forme de respect  et tu vois, le respect : c’est très important et dans le même principe, il faut filer un coup de main à un jeune groupe… même si tout n'est pas parfait. Par exemple : les gars après le concert vendent leur CD et bien (si tu peux évidement), tu l’achètes. C’est important pour eux et ça forge des liens entre le groupe et les passionnés.  

D’ailleurs, les passionnés de Metal sont souvent hors-concours ?

Absolument. Tu as des mélomanes, des collectionneurs, des curieux, des passionnés, des boulimiques, etc. Là encore, raison de plus pour ne pas les atomiser. Quoi que j’ai pu lire sur les dérives d’Internet, un vrai Fan achètera les disques de ses groupes préférés. D'ailleurs, lors d'un concert d'Iron Maiden, il me semble que c'est Bruce Dickinson qui s'était adressé aux Fans avec ce type de langage " les amis, nous comptons sur vous pour acheter notre disque et venir aux concerts, c'est très important pour nous", qui serait assez stupide pour ne pas être respectueux d'un tel message ? Sauf si évidement il est dans la déche la plus totale, mais le Fan de base achète toujours le disque et parfois comme j'ai tenté de te l'expliquer... à ses dépens. C’est pour cela, qu’il faut rester en contact et s’informer.  
Comment faire pour rester informer ? 
Internet c’est très bien, tu as d’excellents Sites ou des forums spécialisés. Parfois, les groupes envoient des morceaux pour que les amateurs les écoutent. Tu as évidemment des Sites de groupes, Facebook, YouTube, Dailymotion des Revues, des Fanzines etc. c’est beaucoup plus simple qu’avant. Je me rappelle, qu'au début : on avait Rock’N’Folk & Best comme mag, puis quelques temps plus tard Hard Rock & Hard’N’Heavy, en voilà d’excellentes revues et on les achetait sans sourcilier… il faut continuer à acheter des mags pour faire vivre le Metal, car les Revues & les Fanzines restent et resteront une formidable source d’infos. Après pour les albums, c’est simple : si le disque dépasse 15 ou 16 euros, je ne l’achète pas et je ne l’écoute même pas sur une copie. Les mecs ne jouent pas dans ma cour et je ne joue pas dans la leur, c’est aussi simple que ça. Le Rock, le Punk ou le Metal sont des styles particuliers, les musiciens ne sont pas nés avec une cuillère en argent dans la bouche. La rage qui sort de certain disque est souvent en relation avec la vie des musiciens.
Tu passes à côté de bons disques alors ?
Sûrement, mais comme je traine souvent à "Occas Land », j’en trouve à moins de 5 euros et parfois même des récents. C'est à n'y rien comprendre, car d’un côté, tu as des gens qui hurlent contre Internet, mais ils t’atomisent avec le prix d’un disque ! Alors, comment tu fais pour écouter de la bonne zique ? Perso, ne n'aime pas le son MP3. En plus, j’aime l’album avec le livret, le boitier, etc. Lorsque l’on faisait des chroniques : on en recevait et des bons, mais ils étaient dans une jaquette cartonnée et sans bonus ou alors tu avais un accès pour l’obtenir via Internet. Du coup, si c’était un super skeud, je le rachetais et si possible en digipack. Le fait d’avoir un beau disque collector, c’est le top quand même. Les Fans sont friands de ce type d’album, raison de plus pour rester commerçant.


Collection Perso.

Les albums collector ont toujours eu beaucoup de succès dans le Metal ?

Oui et en général ils sont superbes. Tu as raison de le signaler, tant il faut bien différencier un album lambda & un album travaillé « avec le CD, 2 bonus, un beau livret et un DVD Live en supp » en édition collector limité. Là d’accord, tu peux faire un effort financier, car outre le disque, tu possèdes une belle pièce de collection. Cela dit et afin de ne pas faire rougir ta carte bleue, c’est pareil pour les concerts, j’y vais de moins en moins. Je préfère un petit festival avec des groupes à découvrir, plutôt qu’un gros truc inaccessible. 

C’est pourtant fabuleux un gros concert ?

C’est vrai, mais les mecs ont oublié d’où ils viennent. Alors, on va me dire « c’est un spectacle ». D’accord, alors franchement, est-ce que l’on est obligé d’avoir un train, des cloches, des canons, des poupées gonflables et je ne sais quoi d’autre ? Je viens voir AC/DC pas Kiss ou Rammstein qui « eux » aiment jouer avec les artifices et cela dès le début, mais pas AC/DC. Surtout lorsque tu connais AC/DC depuis des lustres comme moi… et ceci est valable pour beaucoup d'excellents groupes qui restent financièrement inaccessibles. Là encore, on va me dire, oui mais il y'a des camions, des ouvriers, ça fait vivre beaucoup de gens, etc. Ok, je comprends tout ça, mais comprenez aussi qu'une place à 80 ou 100 euros, je ne peux pas. Si je vais au concert, c'est qu'on m'a offert la place pour mon anniv (rire) !!!! Tu vois ; à l’inverse, Slayer ou Napalm Death n’ont pas besoin de tout ça, ils sont restés beaucoup plus proche de la réalité, pour ne pas dire plus proche du peuple, que certains dit « grand groupe ». C’est bien de se revendiquer Metalleux, Punk ou Rockeur, mais c’est surtout un état d’esprit à la base !   


    

On retrouve le même problème avec les magazines, les radios ou la TV ?
Pour les mags c’est encore différent, car ça coute cher à éditer. Prends Rock’Hard par exemple : tu as une revue très soignée + un CD et c’est raisonnable comme tarif.  De plus, je l'achète très souvent et je n'ai jamais été déçu, bref c'est la classe ! Par contre, pour la TV, tu as absolument raison, il n'y a pas le moindre effort de proposé. Avant… tu avais des émissions qui proposaient d’excellents programmes musicaux et que tu aimes la Variété, la New Wave, le Rock, le Reggae, le Funk, le Jazz, le Classique, le Metal, le Hip-Hop ou autre, tu trouvais un bon truc à regarder. Aujourd’hui, il n’y’a plus grand-chose. Pour être honnête, à part ARTE, je ne regarde pas beaucoup la TV. La raison est simple, je suis très nostalgique des années 80-90. Par exemple, Canal+ cartonnait avec NPA, l’émission proposait de bons Lives et puis, il y’avait Philippe Gildas, les Nuls, Antoine De Caune avec son panel de personnages, José Garcia, etc. c’était énorme ! On ne reverra jamais une émission comme ça. La TV est devenue rigide et quoi que je regarde, je m’ennuie très vite. 
Rigide, c’est-à-dire ?
Dans le sens « Bien-pensante », il ne faut surtout pas gêner ou faire réfléchir et puis, tu n’as plus aucune émission rigolote avec une touche de dérision et de délire. Imagine qu’avant tu avais une playmate qui réalisait un Strip à une heure regardable. Aujourd’hui, tu ne peux plus faire ça ou alors, après 23 heures. Nous avons beaucoup reculé avec la liberté d’expression, mais nous avons progressé avec la Pub, alors ça compense. 
Qui n’est pas allergique à la pub ?
Bonne question, la pub est une sorte d’aliénation qui déforme tout. Tu regardes un film et hop, ça coupe et tu as des pubs. Une série, une bonne émission d’information, un reportage, du Sport et voilà la pub, encore et encore… du coup, je ne regarde plus rien comme ça, je suis tranquille et si par hasard, je tombe sur quelque chose qui m’intéresse et qu’il y’a de la pub, je zappe directos ! je ne veux pas de pub dans mon cerveau. 
Pourtant la TV a de bon côté ?
Bien sûr, mais tu as tellement de trucs pénibles, que ça devient impossible de te concentrer. Les émissions musicales sont très classiques, il n’y a guère de risque à inviter les vedettes du moment et je ne parle même pas des clips où les mecs chantent avec des vocoders… c’est affligeant ! Le sport marche à coup de pognon et pour quelqu’un comme moi, qui aimait le Foot et bien, c’est triste de voir le déclin d’un si beau sport. Alors, je me rattrape avec quelques émissions d’informations ou des reportages, mais ça devient rare. 


Plus rien ne t’intéresse à la TV ?
En fait, je suis parti du principe que la TV devait « à la base » éduquer. Quand j’étais jeune, on apprenait des tas de choses avec la TV et c’était vraiment bien. Tu avais des reportages sur l’histoire, des bonnes infos, du Théâtre, du ciné avec des débats, comme les dossiers de l’écran et ça, c’était vraiment cool. Aujourd’hui, pour peu que tu sois curieux, tu as Internet, mais là encore, il faut trier. Du coup, je me suis aperçu que je regardais la TV plus pour me divertir que pour apprendre et un beau jour, j’ai dit stop. En clair, j’en ai eu marre de toute cette soupe et je suis revenu aux bases « je veux bien me divertir tout en apprenant ». Depuis, je cible ce que je regarde, autant dire « pas grand-chose ». 
Comment tu peux te tenir au courant et quels types d’émissions tu regardes alors ?
Je lis beaucoup et en termes d’émissions, il y’ a le net. Après, pour les Fans de Metal, tu as Rock Hard ou Metallian qui restent une bonne source d’informations. Tu as pas mal de Sites spécialisés aussi, surtout dans le Metal. Pour les émissions TV, c’est vite joué… les concerts d’ARTE et Tracks. Je regarde également la chaine l’équipe, car il y’a un panel de Sports intéressants et pas forcément populaires. J’aime bien « La Grande Librairie », « Thema », « Pawn Stars » ou « découverte ». Pour le ciné, je reste fidèle aux Fanzines, Metaluna, Distorsion, Videotopsie, Darkness, Rockyrama ou des bons mags comme Mad Movies et l’Ecran Fantastique. Récemment, j’ai découvert Sin’Art https://www.sinart.asso.fr/ une boutique super cool. 

Et bien merci pour le voyage et toutes ces précisions, à bientôt ?

C’est moi qui vous remercie et comme disait Patrick : le Metal… c’est Vital !